Vin d’Oranges de Constantine

Vin d'Oranges de Constantine

Constantine, Storm pour être exacte. Puisque l’idée d’expérimenter la fabrication de ce breuvage exquis, le vin d’oranges donc, vint de la lecture d’un roman fabuleux, « Enterrer l’Ombre » de Storm Constantine, éditions l’Oxymore. Dans lequel, avec une classe absolue, des vampires en voyage buvaient du vin d’oranges à la terrasse d’une auberge étrangère. Mais nous reparlerons littérature autour d’un verre orangé, quand il sera prêt.

…Et aussi Constantine car le présent mélange peut rappeler les villes paradoxes, les lieux de rencontre entre Orient et Occident, entre la culture du vin, celle des épices, celle des orangers et – nous pourrions actuellement la travailler… – celle de l’hospitalité. :)

La recette suivante est cette fois très personnelle, issue de l’adaptation de plusieurs dizaines de recettes consultées un peu partout – et j’ai vu de tout, dans les ingrédients comme dans les processus les plus alambiqués, donc j’ai cherché à faire au plus simple. Le vin d’oranges préparé ce jour est, je crois, le quatrième essai.

Alzarando la coppa…

Le vin : blanc ou rosé. J’ai oeuvré avec du rosé les fois précédentes, ce qui donnait une jolie couleur. Mais (gros mais) il n’était pas bio, et au goût pas terrible tout seul. Heureusement la combinaison des fruits et des épices a fait oublier quelque peu le goût initial. Ce jour, à la demande générale, je passe donc au vin blanc, et bio. (De l’Aude, puisque l’on me dit que le bio des Corbières est beaucoup plus bio que le bio du Bordelais, dans la mesure où les viticulteurs pas-bio tout autour ne traitent au glyphosate qu’une fois par an au lieu de trois ou quatre, à cause du climat bien plus sec). A moins de 4 euros le litre, ce n’est pas plus onéreux finalement.

Le contenant : un petit tonneau ou une dame-jeanne (une grosse bouteille de verre entourée d’osier tressé) sont l’idéal. En leur absence, je me rabats sur des bidons de plastique très soigneusement nettoyés.

Les bouteilles : l’on peut garder des bouteilles un peu jolies en prévision. Surtout, il faut qu’elles soient bien propres. Colorées si on préfère, mais les transparentes offrent l’avantage de la couleur du vin, un rose-orangé agréable.

Les bouchons : Important ! Prendre des bouchons de liège, qui sauteront tout seuls si le mélange champagnise trop – et non des bouchons de plastique ou de métal qui resteront en place et signeront le destin fatal d’explosion de la bouteille, et d’éclats de verre projetés en tous sens (vécu).

Le sucre : du sucre brun ira bien. Mais je suppose que n’importe quel sucre fait l’affaire. Au fur et à mesure, j’ai diminué les doses, et de sucre, et d’épices, et (surtout) d’alcool de fruits, car au départ le mélange finissait par devenir très fort. D’autant que la présence du sucre et des oranges fait se poursuivre la fermentation. Donc la teneur en alcool est instable, elle augmente avec les mois.

J’ai par ailleurs, et comme souvent, diminué les doses d’épices par rapport à mon mélange initial. Les goûts étaient trop saturés au début, et puis je suppose qu’à manger des végétaux, le sens gustatif s’affine (sans parler du sevrage tabagique), donc comme pour les autres recettes, on peut varier selon ses goûts.

Dans tous les cas, il ne vieillit pas, c’est un vin à boire dans l’année. Précision oiseuse dans un certain nombre de situations conviviales où il s’est plutôt agi de ne pas le boire dans la soirée. ;)

Concernant l’appelation « Vin d’oranges », une petite précision. Il faudrait pour être précise dire « Vin aux oranges ». C’est une macération de fruits dans du vin (de raisins) déjà fait, et non une fermentation alcoolique qui aurait pour base : eau + sucre + oranges. Comme pour l’hydromel par exemple.
Cette formule est d’ailleurs celle des prisonniers, qui se font leur gnôle maison (enfin, cellulaire) en attendant que ça passe. Cela aussi c’est une anecdote de seconde main, mais je l’aime bien, et j’ai failli appeler ma recette « Vin des taulards« , car ça aurait bien claqué comme titre. Mais bon, j’ai un rapport spécial avec le concept de prison, donc j’évite.

Bien. Passons à l’office.

§

– 5 litres de vin blanc
– 7 oranges
– 1 citron, ou 2 càs de jus de citron
– 450 ml d’alcool de fruits
– 900 g de sucre brun
– 1 gousse de vanille
– 1 bâton de cannelle (ou 1 càs rase de cannelle en poudre)
– 5 clous de girofle
– 1/2 càc de noix de muscade râpée
– 2 pointes de couteau de gingembre

Peler et couper les oranges et le citron en cubes.
Fendre la gousse de vanille dans sa longueur.
Dans un grand contenant fermé, mélanger les oranges, le citron (ou le jus de citron), le vin blanc et les épices.
Réserver les pelures des oranges pour utilisations diverses.
Placer le récipient dans un endroit de passage pour penser à le retourner régulièrement.
Laisser macérer 40 jours.
Au bout de ce temps, filtrer :
EDIT : pour faciliter la tâche, verser la préparation dans une grande cocotte-minute avec sa passoire, soulever celle-ci et presser la pulpe au presse-purée.
Puis ajouter l’alcool de fruits et le sucre.
Bien mélanger et remettre en bidon (il faut 8l de contenance, un peu moins).
Patienter encore 30 jours.
Mettre en bouteilles. Garder au frais après ouverture. Déguster dans l’année.

§

Verdict : ah, il faudra patienter 70 jours pour le savoir ! :)

Mais j’ai bon espoir. Les versions antérieures, faites avec du rosé moyen, ont eu grand succès, donc cette fois ça devrait aller.
Le mystère reste celui de la couleur définitive…

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4 réflexions sur “Vin d’Oranges de Constantine

  1. Alors, une excellente amie qui vient de faire aussi sa recette me souffle à l’aurore qu’elle a mis comme épices : cannelle, clous de girofle, grains de chicorée.

    C’est plaisant cette histoire de chicorée :)

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  2. Filtré ce jour ! Ai même fini au filtre à café permanent, pour bien enlever les dernières petites choses. L’ensemble reste tout de même opaque, d’un joli jaune, pas trop alcoolisé et super bon à la première dégustation – même si officiellement le breuvage ne sera buvable que dans un mois !

    En ai profité pour goûter également celui de l’excellente amie, macéré moins longtemps mais plus corsé. En fait, elle a fait l’inverse : macération des oranges dans l’eau de vie puis ajout du vin ensuite. Un parfum prononcé de sirop d’oranges (bien plus que le mien où il faut chercher le goût, moins évident) et une bonne petite soirée enivrante ;)

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  3. Record battu, 14 bouteilles viennent de voir le jour !
    Proportions toujours inchangées, et je me mords un peu les doigts de ne pas m’être relue il y a un mois, à la préparation : j’aurais tenté la version eau-de-vie-en-premier. Bontanpi, le résultat cette fois est d’une belle couleur terre de sienne, assez opaque, et super parfumé. *Bien sûr* je ne vais même pas pouvoir goûter ma mixture, allaitement oblige ! On verra ce qu’en disent les convives dans quelques jours :)

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  4. Pingback: Hypocras aux sept Graines | Cuivre & Cumin

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