Eau de Violettes du matin

savon violette

Une petite décoction de sous-bois et de saison pour nettoyer et purifier la peau. Particulièrement conseillée en cas de problèmes de peau, dermatoses, eczéma, acné… et matins tout fripés.

Comme il s’agit d’une décoction, il faut impérativement la conserver au frais et l’utiliser très rapidement. D’après ce que j’ai lu sur le forum des Petites Magies (que je conseille vivement à toute apprentie tambouilleuse de salle de bains), ni l’adjonction de jus de citron ni d’huile de pépins de pamplemousse ne permettront une conservation suffisante ou efficace. Non plus que noyer la chose dans une quantité d’alcool, ce que la peau supporterait mal.
Bon… Il ne reste plus qu’à utiliser tous les matins la décoction en compresses sur le visage pour un effet optimal. :)

Vendemmia…

La cueillette : fin février/début mars, les violettes apparaissent sur sol frais et assez ombragé, l’humus des sous-bois surtout. On peut différencier les Violettes odorantes (viola odorata) des Pensées sauvages (viola tricolor) car les premières ont leurs deux pétales latéraux proches du pétale supérieur – les pétales latéraux sont proches du pétale inférieur chez les Pensées, de la même famille mais bien moins efficaces.

La source : difficile de trouver beaucoup de recettes d’une sorte de tonique à la Violette : la recette la plus répandue est celle du sirop de Violettes (antitussif), sinon des bonbons ou des usages alimentaires. J’ai eu l’idée de récolter celles qui poussaient dans le petit bois adjacent grâce à « L’herbier oublié » de Bernard Bertrand. Le même auteur parle aussi, mais très rapidement, d’un tonique dans sa monographie de la collection du Compagnon Végétal « Volume 11 : Une pensée pour la Violette « , où l’on saura absolument tout sur la belle.

Les autres utilisations : je ne m’appesantis pas trop, donc ; pour mémoire, la racine est vomitive et purgative, les fleurs et feuilles sont pectorales (usage pulmonaire), antitussives, fébrifuges, émollientes, on peut les utiliser en interne pour les ulcères gastro-duodénaux notamment, les bronchites, angines, pharyngites, et en externe pour les dermatoses et les gerçures des seins.

La décoction : consiste en général à plonger des végétaux dans l’eau bouillante et à laisser sur le feu 10 à 15 mn, parfois plus. Or il se trouve que les dernières recherches en phytothérapie pencheraient plus vers une décoction « à froid », c’est-à-dire consistant à plonger les végétaux dans l’eau froide, pour ne pas trop les traumatiser, et ensuite seulement porter à ébullition, histoire que les principes actifs se libèrent plus facilement, soient moins détruits, etc. Dans le doute, je fais comme ça.

La stérilisation : pour répondre à Magali ^_^, j’ai trouvé sur Aromazone les conseils essentiels pour stériliser le matériel : soit on ébouillante tous les ustensiles 10 mn, soit on les passe à l’alcool à 90° (alcool de pharmacie). Puis on laisse sécher sur un torchon très propre, et bien sûr on touche le moins possible, et on se lave les mimines, avant, pendant, après.
Voilà voilà :)

§

– 25 g de feuilles et fleurs de Violette
– 1 l d’eau
– flacons opaques stérilisés.

Emonder les Violettes, c’est-à-dire trier les fleurs fanées, feuilles abîmées, ôter les tiges.
Les placer dans un litre d’eau froide, porter le tout à ébullition pendant 15 mn.
Laisser refroidir et macérer trois heures (ou toute la nuit, pas encore testé).
Filtrer en exprimant (=en pressant un peu les végétaux pour bien extraire tout le jus).
Mettre en flacons opaques, bien boucher, étiqueter, mettre au frigo et utiliser dans la foulée.

§

Verdict : préparée hier soir et testée ce matin, la décoction est hyper fraîche, sent bon et passée après le savon ayurvédique (ben oui ^_^), elle fait une peau toute douce ! Fan je suis, et fan nette. Bien plus agréable que le mélange que j’utilise habituellement (eau d’hamamélis + eau de rose ou encore eau d’hamamélis + eau de menthe, rose et menthe étant astringentes càd resserrant les pores), ma seule déception est de ne pouvoir encore trouver une solution pour faire une lotion qui tienne sur la durée !

(Je crois que pour cela il faudrait faire une distillation des fleurs, en fait. Je n’ai pas suffisamment creusé le sujet… mais je me suis fait plaisir !)

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10 réflexions sur “Eau de Violettes du matin

  1. Merci pour les détails de la stérilisation! ^^ La méthode avec alcool à 90° me semble plus simple à utiliser ^^ »
    J’aurai volontiers testé cette eau de violette mais y a pas violettes chez moi ! :-( (ou trop peu…)
    Enfin, j’ai déjà le démaquillant à faire, et c’est déjà quelque chose! ^^

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    • Avec plaisir :)
      C’est valable pour toutes les préparations, de toute façon. Concernant la quantité de violettes, j’aurais pu préciser qu’on peut oeuvrer avec très peu : pour faire un litre j’ai utilisé la cueillette d’un petit panier… Et je m’aperçois, bien que laissant la chose au frigo (voire au congèl, je teste), ça donne trois bouteilles de 250 ml donc largement trois fois trop ! Il est très probable que je doive jeter le reste qui n’est pas censé se conserver trop longtemps.
      Donc, je pense qu’on peut tout à fait produire un peu de décoction avec un peu de violettes ;)

      Mais, ouaip, j’ai été bien contente de trouver ces conseils sur Aromazone car je n’avais pas aussi précis avant !

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  2. Coucou, pour ce qui est de l’ébouillantage j’ai testé sur un flacon en plastique non identifié (acheté à Aromazone d’ailleurs) et hum, en à peine quelques secondes il s’est complètement et irrémédiablement déformé. Du coup heu, comment tu stérilises les flacon en plastique?

    J’avais une autre question sur un autre billet que tu avais fait mais je me souviens plus lequel. Comme alternative au coton disque, tu proposes de couper de la polaire, qui sera donc lavable. Dans la pratique ça donne quoi? Ce n’est pas trop abrasif? comment ça se comporte avec les huiles et laits? (j’ai plein de questions moi aujourd’hui lol. A une époque j’utilisais du tissu coton mais ça n’enlevait pas bien le maquillage, fallait frotter comme une taré, ct pas l’idéal lol

    Sinon cette eau de violette a l’air très sympatique. Pour le moment je suis avec l’eau florale de bleuet et l’eau florale de lavande de Aromazone, faut s’habituer aux odeurs mais elles sont assez divines. Celle de lavande cicatrise en plus les ptit boutons assez vite! Et comme elles se conservent au frais, c’est un vrai coup de fouet pour la peau^^

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    • Coucou Anne :)

      Alors, pour le flacon en plastique : tu peux le passer à l’alcool à 90° avec une compresse ou un chiffon propre, et ensuite le laisser sécher sur un (autre) torchon propre. Comme ça on peut opérer à froid ^_^
      (d’ailleurs j’ai moi-même « arrondi » bizarrement le fond d’une bouteille en plastique en l’ébouillantant gaillardemment, je n’ai plus eu qu’à la jeter ensuite ^^ »)

      Pour les cotons lavables découpés dans de la polaire : c’est très doux ! Je m’en sers surtout pour les yeux. Je n’ai pas besoin de frotter, ça part bien ; parfois il faut un second passage plus ‘aqueux’ (eau toute simple ou eau de bleuet par exemple, qui, ouaip, est vraiment super agréable) pour enlever la phase huileuse et les traces éventuelles de maquillage.
      Bon mais franchement, moi qui me suis toujours maquillée les yeux et qui suis passée par des années de démaquillant premier prix troueur de cornée, l’association démaquillant maison biphasé + cotons en polaire, ça me convient :)
      (note pour les passagers égarés : ceci n’est pas une discussion Seelie ;D)
      Et là je pense que je vais découper des rectangles un peu grands pour préparer des sortes de lingettes lavables pour petites fesses de nièce à langer :P …c’est dire si j’ai confiance. Pour les huiles et laits, le tissu polaire les absorbe peu donc il faut prendre le coup de main (aka ne pas en mettre une louche qui finit piteusement dans l’évier), mais de fait, c’est économique. Pour le lavage en machine, plus c’est gras et moins ça part bien, ça c’est certain, du coup je fais soit un second passage, soit de temps en temps je fais bouillir tous mes cotons récalcitrants avec du savon de Marseille râpé, je rince et là c’est pas mal. Je change une partie des cotons, genre, chaque semestre, où j’opère un tri cruel entre les encore-utilisables et les décédés définitifs. Voilà voilà :)

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    • Ah, et l’eau florale de lavande est très tentante aussi ! J’essaierais bien d’en faire, si mon pied de lavande n’avait pas l’air complètement mort. Il faudra que je retente un nouveau plant, malgré le climat d’ici qui s’y prête peu. Et puis décidément, elle est incroyable cette boutique Aromazone !

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      • Merci pour ces conseils éclairés! La prochaine fois que je vais au marché st pierre pour acheter du tissu (et je dois y aller dans pas longtemps), je passerais prendre un mètre de polaire (je devrais avoir de quoi faire avec ça pour un moment!! lol)
        Mon père m’avait fait un jour une eau florale avec les roses de son jardin mais je ne suis pas sure que la variété s’y prêtait… ça faisait une eau jaune et trouble peu engageante et une odeur hum… pas de rose lol Doit y avoir des techniques de « raffinage » :)

        Pour Aromazone, une boutique s’est ouverte pas loin d’où je travaille donc c’est une chance. Par contre j’ai cédé aux sirènes (un peu marketing quand même) du « faire soit même » et, honnêtement, je me suis ruinée. Donc je pense que – une fois les ingrédients épuisés, je ne retenterais pas l’opération et me contenterais d’y passer pour les produits indispensables (les HE notamment, la vitamine E et H de Pépin de pamplemousse) ou pour les bases toutes prêtes qu’ils proposent.
        Jsuis pas sûre d’avoir besoin de tout ce compliqué! Je vais te dire, à une époque pour me démaquiller c’était huile d’olive de la cuisine et eau de rose et basta. Je suis revenue au lait de grande surface car l’huile me graissait trop la peau. Depuis j’ai trouvé une alternative mais faut trouver le temps d’y fabriquer^^

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  3. Avec plaisir :)

    Pour l’eau de rose, je ne sais pas quelles variétés se prêtent le mieux, mais il me semble avoir croisé l’info qu’on pouvait tenter avec toutes les roses… Pour l’odeur, ça a dû moisir certainement ^_^ J’ai trouvé une recette où la conservation se fait en ajoutant une tasse de… vodka, et en gardant au frais. J’essaierai un de ces jours !

    Oui, pour Aromazone ça n’a pas l’air donné, j’en suis encore à baver sur un certain nombre de produits mais je ne suis pas allée plus loin ! Ouaip il y a un côté marketing, c’est clair, mais bon c’est peut-être une étape :)

    Bon et alors à ce jour, mon eau de violettes n’est toujours pas pourrite :P

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  4. Je profite de ma session de rattrapage ès web pour signaler dans le présent billet que mon eau de violettes, gardée H24 au frigo, est toujours fonctionnelle et sent bon la violette (et non le moisi, ça veut dire) !
    Je suis heureusement surprise. :)

    J’ai donc mon flacon dans la porte blanche, pour environ un tiers de ma décoction (mais j’avais dit que j’en avais fait trop).

    Sait-on jamais, j’ai calé les deux autres tiers dans de petites bouteilles au congélateur, non remplies à ras bord pour éviter l’explosion.
    Peut-être que je pourrai les mettre en circuit dès que le premier flacon sera out, ou périmé…

    (Et, de fait, j’ai eu si l’on peut dire le nez creux de cueillir ces charmantes violettes dans le modeste sous-bois jouxtant le jardin…
    Car voilà que depuis dix jours, des voisins envoyés par le propriétaire de la parcelle foutent consciencieusement tout par terre, en ne gardant que trois arbres là où on pourrait en conserver dix, et en coupant tout à ras pour finir par un splendide écobuage (brûlage) strictement interdit…
    Putain, il ne leur reste plus qu’à couler une dalle de béton et on a un parking de supermarket !
    Grrrr.
    Et adieu la douce impression de traverser un petit bois frais et légèrement isolé de la route, maintenant on est juste… au bord de la route.
    La raison invoquée, accrochez-vous aux branches, c’est de pouvoir « bien voir le muret en pierre depuis la route », muwaha, depuis les bagnoles, quoi.

    Adieu les violettes et la tranquillité.
    Et adieu, one more time, l’espoir fou de voir coïncider *leur* conception de l’entretien et *ma* conception de la nature.
    Je m’arrose de violette pour oublier tout ça, et si je suis vraiment de mauvais poil je leur sème une prairie mellifère dont ils me diront des nouvelles ! En plus sur le brûlis, ça devrait prendre rapido.

    Voilà, fin de l’interlude violet, tout ça pour dire que la cueillette fut réalisée au bon moment)

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  5. Eh bien, cela fait un moment et finalement, trois ans plus tard (trois ans déjà que je tambouille ici dites donc !) tout a gentiment recommencé à s’ensauvager… Donc il est fort probable que quelques petits bouquets de violettes revoient le jour ces prochaines semaines, sous les ronces neuves et les fougères, surtout avec le printemps qui est très en avance :)

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